Droits de l’homme : Yimga Moussa est-il comparable aux africains détenus en Libye ?

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Droits de l’homme : Yimga Moussa est-il comparable aux africains détenus en Libye ?

Le Président Yimga Moussa croupit en compagnie de son Chargé de mission Theodore Elouna depuis près de deux semaines dans les geôles de la BMM  à Kondengui.

Le Président de l’Association Nationale des Opérateurs du Secteur Informel pour la Lutte contre la Pauvreté au Cameroun (Anoslip) est en détention administrative avec son Chargé de Mission Theodore Elouna sur ordre du Préfet du Mfoundi Jean Claude Tsila. Leur forfait est tout simplement d’avoir voulu faire entendre la voix de leurs membres malmenés au marché Mokolo de Yaoundé et ailleurs, mais surtout, pour avoir voulu revendiquer le paiement de l’argent spolié à leurs membres (12 000) pour un montant total supérieur à 4 milliard de nos francs. Pour la seconde motivation, il faut noter que selon certaines indiscrétions, le Chef de l’Etat Son Excellence Paul Biya aurait déjà demandé de résoudre ce problème. Mais compte tenu de la tradition au Cameroun qui veut que chaque fois que le Chef de l’Etat ordonne le remboursement, le paiement ou l’indemnisation du petit peuple, les gros « poissons » avalent la quasi-totalité de ce qui lui revient, une certaine rumeur fait croire que la neutralisation du Président de l’Anoslip et de son collaborateur est motivée par le souci des autorités d’étouffer dans l’œuf toute tentative de revendication de ce remboursement.

De quoi s’agit-il en fait ?

Il s’agit d’une affaire de grande escroquerie dont le petit peuple a été victime. En effet, dans le cadre d’une certaine coopération France-Cameroun, une structure, initialement appelée PENAD et par la suite PID, avait été mise sur pieds ici même à Yaoundé avec des bureaux où flottaient en permanence, les drapeaux camerounais et français. Bien plus, cette structure organisait des cérémonies de remise de chèques aux bénéficiaires au Yaounde Hilton Hotel, en présence de certaines autorités et des compatriotes du Président Emmanuel Macron. Les drapeaux des deux pays étaient toujours mis en exergue pendant ces quelques cérémonies « de frappe » au Hilton. Dans les Régions, ce sont les Gouverneurs et les Préfets qui encadraient les opérations de cette structure. Dans la Lékié par exemple, l’on a même vu un Magistrat dans la suite du Préfet. De quoi annihiler tout soupçon de mauvaise intention cachée derrière cette grande maffia.

Le pot-aux-roses ayant  été découvert après que 12 000 personnes eussent déjà été victimes, le Président Yimga Moussa et son équipe ont pris leurs responsabilités ! Plusieurs sit-in et grèves de la faim devant l’ambassade de France et les Services du Premier ministre n’ont pas suffit. Toutefois, le Président de la République aurait  eu vent du dossier et ordonné le règlement de ce problème de puis le 10 septembre 2014. Entêtées comme toujours, les autorités préfèrent l’intimidation au lieu de résoudre le problème. Comme dans le cas des ex-employés des sociétés d’Etat dont le Président Paul Biya avait de  sa propre main ordonné le paiement des droits sociaux à ces camerounais qui jusqu’à cette date, près de 25 ans plus tard, reste toujours insoluble. Au moment où l’on rapatrie les camerounais de Libye, devrait-on assister encore à ce genre de comportement ? C’est cet entêtement arrogant qui poussent nos enfants à aller se faire happer dans le désert Libyen comme des proies, et mourir dans la méditerranée. Yimga Moussa et Théodore Elouna ont choisi de gagner leur vie en restant au bercail. Le traitement et l’injustice qu’ils subissent sont de nature à radicaliser les enfants dans l’option de la recherche du bonheur dans l’el dorado Européen. Leur détention fait en sorte qu’ils soient effectivement comparables à ces innocents qui croupissent dans les geôles  libyens. Puisse Dieu toucher le cœur des autorités camerounaises pour que malgré le fait que les élections au Cameroun sont ce qu’elles sont, qu’elles soient un tant soit peu attentives aux cris des laissés-pour-compte ? Surtout que le Président Yimga Moussa aurait des problèmes de santé. De toutes les façons, avant leur interpellation, les deux déclaraient presqu’en coeur ceci : “Nous sommes des sans voix, des esclaves dans notre propre pays. Nous sommes prêts à mourir pour nos camarades qui subissent de l’arnaque à n’en plus finir.”

Léonard Fandja

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