Elites du Mfoundi : De quelle paix parlent-elles ?

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Elites du Mfoundi : De quelle paix parlent-elles ?

Les élites du Mfoundi se sont retrouvées les dimanche 25 septembre 2017 à Yaoundé.

L’association des élites du Mfoundi a 25 ans d’existence ; ses membres se sont retrouvés le dimanche 25 septembre 2017 à Yaoundé, siège des Institutions. Une des résolutions de cette rencontre est la volonté exprimée des élites de se doter d’un siège. Après 25 ans d’existence ! En tout cas, peut-être faudrait-il dire que, qu’il soit même en matériaux locaux, il sera un siège. Autant avoir un siège en matériaux provisoires plutôt que de s’entêter à réaliser un grand siège dont le coût retarderait la réalisation du projet. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron. » C’est dire qu’en construisant un siège en planches par exemple, ce serait déjà une preuve palpable de la volonté de la communauté à se doter véritablement d’un siège. A quoi pourrait-on attribuer la non construction d’un siège en 25 ans d’existence ? Déficit d’esprit entrepreneuriat ? Toutefois, il est plus honorable de tenir ses réunions dans ses locaux plutôt que de profiter des infrastructures publiques. L’ancien Président du Cameroun, Ahmadou Ahidjo n’avait-il pas déclaré le 1er janvier 1960 à l’indépendance du pays que : « Il n’ya pas d’honneur pour ceux qui attendent tout des autres. » Ce que l’on a aussi retenu de ces assises, est l’invitation faite à « tous ceux qui ont choisi de venir vivre à Yaoundé, » en d’autres termes, les allogènes, à participer à la préservation de la paix à Yaoundé. Alors, j’ai envie de me poser cette question : « De quelle paix s’agit-il ? » En effet, cette question taraude mon esprit quand j’entends les Bétis, et particulièrement ceux du département du Mfoundi faire de telles déclarations. Quelques jours plus tôt, le vendredi 23 septembre 2017, le Chef de l’Etat Son Excellence Paul Biya déclarait à la tribune de la 72e Assemblée Générale des Nations Unies : « Nous sommes tous des mendiants de la paix. » En plus : « La pauvreté est une menace à la paix. » Ce qui est une vérité de Lapalisse. Une fois de plus, la paix ! Est-ce la paix, fruit de la justice sociale qu’impulse une justice équitable, indépendante et débarrassée de toute considération tribaliste ? Au regard de certains faits, on peut sans équivoque, demander aux élites du Mfoundi de repartir à l’école de l’apprentissage de la paix.

Quelques faits patents et déconcertants

Une clinique dénommée «La Clinique de la Carrière » existe au quartier Emombo depuis près de 10 ans. Il y a quelques années (2 ou 3 ans), Monsieur Essomba qui serait Directeur Adjoint de l’Intendance à la Présidence de la République, est venu acheter une vieille maison voisine à la Clinique qu’il a refaite et transformée en une Clinique ultra moderne : la Clinique Sainte Cécile. A ce moment-là, le processus de l’expulsion pour délocalisation du Docteur Kwankeu Richard était déjà enclenché. La Clinique de la Carrière du Docteur Kwankeu, dotée d’un immeuble R+2 avec près de 50 chambres d’hospitalisation et de plusieurs appareils de référence pour des examens médicaux. Autant le dire, la loi qui encadre la création et l’ouverture d’une clinique est claire et sans équivoque selon que vous êtes Médecin ou opérateur économique. En plus, cette loi interdit la création de deux cliniques côte-à-côte ; la distance exigée entre deux cliniques est de 300 mètres en vol d’oiseau. Quand on sait que le promoteur de la clinique « Carrière » est Médecin et avait subi des sévices corporels de la part des employés de Monsieur Essomba en guise d’intimidation, il y a lieu de se demander si nous parlons de la même paix.

Madame Nkeng Sylvie, propriétaire de l’Etablissement scolaire Body Zibi devenu par on ne sait quelle alchimie Fondation Body Zibi à la surprise générale, membre influente du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) dans le 2e Arrondissement de la ville de Yaoundé, a été locataire chez Mama Atta Bangui dans sa maison située à Tsinga en face du Snack Bar « DUBAÏ VIP.»  On ne sait par quelle alchimie une fois de plus, elle a procédé pour s’arroger le droit de propriété sur la maison. La pauvre Mama Atta Bangui, « allogène » de son état a beau tempêter dans la presse, radio, télévision et porter plainte devant les Tribunaux du Mfoundi, rien n’y a fait. Plus de 20 ans déjà ! Aujourd’hui décédée, les enfants de la regrettée Mama Atta Bangui entendent poursuivre le combat contre cette imposture et injustice, malgré l’appartenance de Madame Nkeng Sylvie au parti-Etat Rdpc. C’est indubitablement cette appartenance au parti et à la tribu Béti du Mfoundi qui jusqu’à date, a annihilé les actions de leur maman au Tribunal. Elle continue de percevoir les loyers de cette concession ayant plusieurs appartements et boutiques. Est-ce le meilleur moyen de construire la paix ?

Les vendeurs à la sauvette du Président Yimga Moussa ne savent plus à quel Saint se vouer. Depuis plus d’un an, les responsables de l’association sont brimés, intimidés et privés de leurs marchandises. Les Thuriféraires répondront assurément qu’ils sont à l’origine du désordre urbain, qu’ils occupent la chaussée. Faux ! Car l’objectif inavoué est de faire taire les dirigeants des associations de vendeurs à la sauvette qui font preuve de personnalité en posant courageusement et sans fioriture les problèmes de leurs membres sur la table sans jouer au jeu de leurs bourreaux. Bien plus, face au climat socio-économique désastreux, le gouvernement n’a pas été proactif en créant de nouveaux espaces pour ces vendeurs à la sauvette étant donné que la population a augmenté de manière exponentielle dans la capitale du Cameroun, et particulièrement dans les marchés. D’ailleurs, on a l’impression qu’il y a plus de vendeurs que d’acheteurs au marché Mokolo. Construit-on la paix ainsi ?

Il y a cinq ans, le gouvernement a présenté la maquette de la nouvelle prison pour résoudre le problème de surpopulation dans la prison de Kodengui sur la route d’Akonolinga. 5 ans plus tard, la condition des prisonniers s’est empirée sans. Est-ce pour construire la paix ? Ces cas non exhaustifs démontrent à suffisance que la véritable paix ne se construit pas de cette manière. En invitant les allogènes à construire la paix, il ne faut plus qu’on assiste à des procès où certains messieurs  parfois venu d’Europe, assignent en justice, certains qui ont acheté leur terrain il y a parfois plus de 50 ans sous le fallacieux prétexte que ces hommes auraient trompé leurs parents en achetant le terrain. Surtout que ces terrains achetés dans les années 50-60, ont pourvu leurs parents en moyens pour les envoyer à l’école et même pour certains, en Europe.

La construction de la paix est certes louable et appelée de tous nos vœux, mais elle est l’affaire de tout le monde ; car les gens ne peuvent pas menacer de s’accaparer des maisons des gens et prétendre construire, préserver et promouvoir la paix. Comme le dit ce proverbe africain : « Le monde est un pot à eau ; quand on a bu, on le passe à autrui pour qu’il boive aussi.»

Léonard Fandja

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